La scénographie propose une mutation progressive des rapports triangulaires entre le visiteur, le contenu et le contenant, à travers les trois étapes successives de l’exposition. En effet, cette exposition offre l’opportunité de penser des dispo- sitifs reflétant le rapport privilégié qu’entretiennent les visiteurs avec une exposition de sculptures. Il y a ici la question éminente du corps.
La première séquence propose d’exposer les objets sur des grandes plaques lumineuses décollées du sol. Le visiteur, entouré par ses plaques, sillonne l’espace et découvre un trésor unique exposé de façon chronologique : Il entreprend alors « la marche du temps ». Le corps, les sculptures et le sol
Ici, l’évocation du désert se traduit par le renforcement de l’horizontalité dans la perception du visiteur. L’ensemble des plaques constituant un nouveau sol surélevé, les repères corporels et visuels se rapproche vers le sol, renforçant ainsi la profondeur de l’horizon.
Entouré de parois denses et verticales, l’espace du visiteur est comme aspiré vers le haut, à l’image des statues Tellem à bras levés. Le corps, les sculptures et les murs
Ici, l’évocation de la falaise se traduit par le renforcement de la verticalité : les « hautes formes » habités, étirent les corps et portent l’esprit vers le haut.
Cette séquence se distingue des deux autres par l’abstraction de sa scénographie reflétant le regard occidental porté sur les sculptures. Le discours muséographique véhicule deux messages successifs. Le premier concerne la vision scientifique de l’occident portée sur les dogons alors que le second évoque la fascination esthétique.
Le paysage scénographique de l’ensemble de la séquence est dominé par une accumulation ordonnée d’émergences sur lesquelles les sculptures sont posées de façon strictement individuelle. A priori il n’y a pas de distinction dans la traduction scénographique, entre le regard « scientifique » et celle « esthétique ». Pourtant les deux zones se distinguent clairement.